Jeune startup française spécialisée dans la production de croquettes pour chiens et chats à base d’insectes, Tomojo a été fondée en 2017 par Madeleine Morley et Paola Teulières.
Sur la base de plusieurs constats et accompagnées par des vétérinaires de formation, les deux jeunes entrepreneuses se sont lancées dans la croquette durable à la sortie de leurs études en sciences de l’environnement à l’Imperial College de Londres.
Rentrées en France en 2017, elles participent à Ticket for a Change et sortent deux ans plus tard les premières croquettes pour chat à base d’insectes au monde.
L’idée des croquettes aux insectes
L’histoire débute avec Mojo, le chien de la famille de Madeleine qui avec ses 50 kg présente l’inconvénient d’avoir une forte empreinte écologique. Partant de ce constat et malgré tous les efforts consentis, la future cofondatrice de Tomojo réalise que la voie vers une diminution de cet impact passe par une révision de son alimentation.
Si les croquettes du marché considérées comme premiums présentent une composition de meilleure qualité et des avantages nutritionnels certains par rapport aux croquettes traditionnelles, elles n’en consomment pas moins une grande quantité d’énergie à la production.
En cause ? L’élevage des produits animaux nécessaires à leur fabrication. Un rapport de de la FAO, Tackling Climate Change Through Livestock daté de 2013 estime à 14,5% la contribution de l’élevage aux émissions de gaz à effet de serre tous les ans, 8,8% uniquement pour l’élevage bovins. La production de gaz à effet de serre issue de l’élevage est ainsi supérieure à l’ensemble des émissions relatives au secteur du transport.
Pour palier ce problème et limiter l’impact environnemental de Mojo, il a donc fallu se tourner vers une autre source nutritionnelle. C’est là que les insectes entrent en jeu. Source nutritionnelle riche à divers égards et beaucoup moins gourmande en énergie à la production, les insectes sont apparus comme une alternative pérenne devant le constat alarmant des deux entrepreneuses.
En quoi les croquettes Tomojo sont-elles bonnes pour la planète ?
Sur la base d’une étude de l’impact environnemental basée sur la méthode de l’analyse de cycle de vie (ACV), Tomojo a collecté de nombreuses données comparatives sur la production des aliments nécessaires à la fabrication de croquettes premiums à base de bœuf, de poulet et d’insectes.
L’ensemble des données collectées ont ensuite été retraitées afin de calculer un indice de performance pour 3 indicateurs révélateurs de l’impact écologique, à savoir l’utilisation d’espace agricole, la consommation d’eau et la production de gaz à effet de serre.
Sur la base de ces indicateurs, Tomojo revendique jusqu’à 7 fois moins d’eau consommée, 4,5 fois moins d’espace agricole et 4,5 fois moins d’émissions de CO2.
Consommation énergétique / kg de protéines | Insectes vs. Bœuf | Insectes vs. Poulet |
Emissions de CO2 | 4,5 fois moins | 27% de moins |
Consommation d’eau | 4,5 fois moins | 34% de moins |
Utilisation d’espace agricole | 7 fois moins | 2,5 fois moins |
Pour la production de 2 kg de croquettes pour chien, Tomojo consomme 145 litres d’eau de moins que des croquettes pour chiens premium à base de bœuf, fait économiser 14 m2 d’espace agricole et c’est 15 kg de CO2 en moins rejetés dans l’atmosphère.
Dans ses engagements, Tomojo promet en outre 100 fois moins de CO2 émis pour la production d’un kilogramme d’insectes par rapport aux besoins nécessaires pour la production d’un kilogramme de viande de bœuf, 200 fois moins d’eau que pour la production d’un kilogramme de viande de volaille le tout sans aucun antibiotique.
Un résultat encourageant surtout lorsque l’on sait que la marque a produit beaucoup d’efforts pour avoir un nouveau packaging 100% biodégradable et compostable.
Les chats et chiens peuvent-ils se nourrir avec des insectes ?
Si la problématique environnementale est une composante primordiale du projet, elle devait aller de paire avec la santé de Mojo et donc proposer tous les éléments nécessaires dans le cadre de son alimentation.
C’est en alliant farine d’insectes de la mouche soldat noire Hermetia Illucens, spiruline et légumes, peu énergivores à la production, que Tomojo est arrivé à un résultat nutritionnel viable, éco-responsable et conforme à la réglementation en vigueur. Cela dit, la question d’une alimentation animale sur le long terme basée sur les insectes demeure. Un chien ou un chat peut-il se nourrir d’insectes ?
Interrogé par 20 minutes en 2019, le professeur Dominique Grandjean, enseignant à l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort et spécialiste de la nutrition des chats et chiens se félicite de l’essor de l’emploi des insectes pour la production de croquettes soulignant que certaines « marques utilisent essentiellement, voire exclusivement, des protéines végétales, car moins chères que la viande. Or, ce régime ne suffit pas à répondre aux besoins nutritifs des chiens et des chats. »
Riches en protéines animales, en oméga-3 et 6, en vitamines B et en minéraux, les insectes présentent également d’autres avantages que sont un cycle de croissance très rapide (sans hormones) et une digestibilité optimale le tout sans antibiotiques.
Une alimentation pour nos amis de compagnie basée sur la farine d’insectes est donc une bonne alternative qui promet d’apporter une partie de la réponse aux problématiques environnementales tout en respectant les apports nutritionnels essentiels à nos animaux.
Comment sont élevés les insectes des croquettes Tomojo ?
Les insectes sont élevés par l’entreprise APPI à Rodenrijs aux Pays-Bas dans une ferme certifiée. Les larves sont nourries avec un mélange de légumes de saisons alternant concombres, tomates, carottes et choux.
Les larves appréciant être agglutinées, les insectes sont élevés dans des bacs empilés verticalement ce qui permettant une importante économie de l’espace agricole.
Ces dernières sont ensuite séchées dans un four à basse température, réduites en poudre afin que tous ses nutriments soient conservés puis intégrées dans la préparation des croquettes.